La mère du

printemps

Une évocation romancée de la conquête du Maroc par des armées arabes à la fin du VIIe siècle. La mère du printemps, c’est le nom du fleuve (Oum-er-Bia, en arabe) que les armées arabes ont suivi pour arriver jusqu’à l’océan où se trouve le petit port d’Azemmour que l’arrivée des musulmans va troubler.
« Surgie du désert et de la nudité, une armée ivre de lumière suit le cours de l’Oum-er-Bia. En cette année 681, la religion musulmane est une parole naissante, une clameur nouvelle : le général arabe Oqba ibn Nafi rêve d’" ensemencer les hommes et la terre des homes avec les graines de Dieu ", de déployer l’étendard vert du Prophète dans le ciel d’Afrique du Nord. De l’autre côté des montagnes, la communauté berbère des Aït Yafelman vit et, depuis des siècles, forge, pêche, travaille sous le signe du poisson et de l’étoile. Les habitants d’Azemmour se doutent-ils que les nouveaux envahisseurs ne sont pas venus pour conquérir leurs biens, mais pour changer leurs âmes ? Quelle arme sauront-ils opposer au chant des chevaliers d’Allah, portés à leur rencontre " comme autant de vagues de foi lancées au galop " ? »

« Dans Une enquête au pays, le précédent roman de Driss Chraïbi, le vieux montagnard Raho livrait une bataille de tous les instants pour résister à la crétinisation et aux diverses tyrannies du XXe siècle. Nous le retrouvons au début de la Mère du printemps : "Raho Aït Yafelman cheminait le long de la route, par ce pur matin de l'An de grâce chrétienne mil neuf cent quatre-vingt-deux - un Berbère très long et très mince, le visage empreint de paix". Avec lui, nous allons quitter les temps présents, descendre le long de l'espace et des siècles : vers l'embouchure du fleuve marocain l'Oum-er-Bia; jusqu'à l'an 681, à l'instant précis où le légendaire général Okba arrive au bord de l'Atlantique, à la tête des cavaliers arabes qui viennent de conquérir l'Afrique du Nord. Racontés en des chapitres flamboyants, avec le langage des éléments, de la musique, des fleurs et des chevaux lancés au galop, ce sont les premiers moments de l'Islam. Ce roman de passion et d'amour s'adresse cependant davantage à ceux qui subissent les conquêtes qu'à ceux qui les accomplissent. Driss Chraïbi le dédie en effet aux Berbères, aux Indiens, aux Celtes, aux Occitans..." à toutes les minorités qui constituent finalement la plus grande majorité du monde". »

par Driss Chraïbi 1982, roman aux éditions du Seuil.
Source : BiblioMonde

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1 commentaires

  1. yann Venner // 6 février 2013 à 00:11  

    Une histoire d'amour entre un écrivain et son pays ; un amour de l'épopée historique... Langue sublime, français recherché, émotions rares : un roman où l'histoire est souvent transcendé par la géographie !